mercredi 4 juin 2008

Typologie du roman "Bonjour Tristesse"

Roman psychologique:

  • classifié de roman d’analyse personnelle >> un “je” observe les autres, son entourage, et s’observe soi-même, à un moment de crise et à travers tout le roman.
  • le drame vécu par le personnage principal (Cécile) et le sentiment qui s’y suit donnent la tonalité (désenchantée) au roman; en effet, c’est la tristesse qui est à l’origine de ce récit tragique, de même que ce sont les sentiments éprouvés par Cécile qui dicteront le cours des événements.
  • le roman met en relief les traits psychologiques et distinctifs des différents personnages. Là, l’action est au service de cette finalité. D’ailleurs, les comportements de Cécile, d’Anne, de Raymond, d’Elsa et de Cyril seront provoqués par la force ou la violence de leurs sentiments (parfois, contradictoires) et de leur caractère.

Roman d’espace / social:

  • caractérisation et analyse d’un milieu et d’une classe sociale (la bourgeoisie parisienne) et d’une certaine jeunesse des années 50, indépendante, irresponsable, voire amorale, et qui jouit sans entraves des plaisirs de la vie:

"Bonjour Tristesse est ainsi un document sur une certaine jeunesse vide qui a du mal à mûrir et qui s’étourdie à coups de coucheries, de whisky et de voitures de sport. Un document sur une jeunesse qui a entériné la faillite des adultes, de leur monde et de leurs valeurs. Elle entend vivre selon ses règles à elle et ne se préoccupe guère des règles de la bonne éducation pour faire son chemin."

Roman existencialiste

  • dans le sens où tout comportement dans la vie porte ses conséquences >> comme dans les romans existencialistes, Cécile est libre d’agir à son gré; cependant, cette liberté doit être responsable (il s’agit du “libre arbitre”), pour ne pas en souffrir les conséquences (or cela, elle ne l’apprendra qu’après la mort d’Anne); car l’absurde de la vie, c’est justement d’être libre, mais de ne pas pouvoir l’être tout à fait; c’est-à-dire, de savoir contrôler ses actes, pour pouvoir jouir d’une liberté responsable. C’est pourquoi, pour Jean-Paul Sartre, «l’homme est condamné à être libre» (L’être et le Néant), du moment que cette liberté suppose nécessairement un choix qui le force à devenir responsable aux yeux du monde. Aussi, «l’enfer, c’est les autres» (Huis clos) affirmera l’un des personnages de Sartre, qui nous obligent à réfléchir, voire à changer. Pour Cécile, «l’enfer» sera Anne, qui essayera de la faire revenir en raison, à travailler, à quitter Cyril, à suivre certaines règles de conduite, qu’elle ignorait (ou méprisait) jusqu’à alors.

http://www.prof2000.pt/users/anaroda/pfrances/bonjour_tristesse_analyse.htm

Aucun commentaire: